La loi de finances prévoit une hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée (CSG). L’augmentation est intervenue au 1er janvier 2018, tandis que les cotisations salariales maladie et chômage vont disparaître. Quelles sont les conséquences économiques et politiques de cette réforme du financement de la maladie et du chômage ?

L’objectif central et affiché de la réforme est d’alléger les charges liées à la protection sociale pesant sur les salaires en reportant une partie de leur financement sur l’ensemble de la collectivité, via l’impôt. Dans les faits, ce sont d’abord les retraités qui seront affectés et sur le principe, les conséquences économiques et politiques de cette réforme sont majeures et à mesurer attentivement.  

Quel impact économique ? (chiffres source : Xerfi Canal)

Le principe de la réforme est de basculer les cotisations salariales pour l’assurance maladie (0.75% du salaire brut) et celle pour l’assurance chômage (2.4 % du salaire brut) sur 1.7 point de CSG supplémentaire. Supprimer ces cotisations entrainera donc d’un côté une augmentation de la fiche de paie de 3.15% de salaire brut et par ailleurs la hausse de CSG induirait une perte de 1.67% de pouvoir d’achat avec l’abattement. Au final le gain sur salaire serait 1.48% pour un salarié classique avec un basculement bien moindre pour les très gros salaires.  En revanche il existe une zone de flou pour les retraités : en effet aujourd’hui les retraités avec un revenu inférieur à 1198 euros et 1838 euros pour un couple bénéficient d’un taux réduit CSG à 3.8% voire une exonération. 60 % des retraités seraient au-dessus de ce seuil ! En même temps les retraités rentiers les plus aisés bénéficieront d’une autre mesure d’Emmanuel Macron soit celle du taux unique d’imposition à 30% des revenus du capital.

Quel impact sur le lien employeur-employé et avec quelle cohérence des mesures ?

Si on peut à la limite comprendre le transfert de l’assurance maladie sur la CSG vu le type de risque concerné, la logique se perd pour l’assurance chômage, qui est étroitement liée au travail exercé.  

Par ailleurs, l’Etat sera-t-il capable d’assumer seul ce transfert et l’impôt prélevé sera-t-il suffisant sans faire appel aux assurances privées ?

Si je suis élu député je militerai pour un impôt simple, prévisible et cohérent.

En conclusion, il est clair que la grande majorité des retraités (8 millions de personnes) –et peut-être d’autres catégories- vont accuser une baisse de leur pouvoir d’achat. En outre et c’est sûrement le cœur du débat, basculer les cotisations chômage sur l’impôt n’est pas qu’une simple opération comptable mais touche au principe même de notre protection sociale, qui repose aujourd’hui principalement sur les actifs et leurs salaires.

Un nouvel équilibre entre assurance liée au travail et protection sociale collective est à penser très soigneusement, en lien avec les autres mécanismes fiscaux liés aux revenus. 

Je plaide donc pour davantage de cohérence et d’équité dans les choix de politique fiscale !