Avec leurs espaces maritimes et littoraux, la France et notre Vème circonscriptiondisposent d’un patrimoine naturel important, riche en dimensions comme en diversités, et ouvert sur l’océan Atlantique et la mer méditerranée : un fort potentiel de développement socio-économique. Ces deux façades maritimes contribuent en effet à une attractivité croissante qui, en même-temps, devient une menace pour l’équilibre des écosystèmes littoraux. Changement climatique, pollutions d’origine terrestre sont autant de pressions davantage accentuées par l’essor de la société de consommation, des loisirs, de la progression démographique et de l’urbanisation qui en découle. Afin de garantir le bon état écologique de nos littoraux et d’en assurer leur valorisation, il apparaît urgent d’agir pour une stratégie régionale (France, Monaco, péninsule Ibérique) et européenne commune et efficace en faveur de la mer et des littoraux.

Méthode GIZC et stratégies européennes d’intervention sur le territoire littoral et marin : des résultats encore trop limités.

Véritables carrefours économiques pour l’Europe, les littoraux de la circonscription ont connu un développement rapide en matière de restructurations, car subventionnées par l’Union européenne. En tête, le Portugal a rapidement été suivi par l’Espagne dont le littoral méditerranéen s’est vu fortement affecté. Les façades maritimes françaises ont également succédé à l’ampleur. Afin d’assurer un équilibre entre les enjeux environnementaux, sociaux et économiques qu’offrent de tels espaces, l’AEE (Agence Européenne de l’Environnement) a mis en place en 2008 une démarche et un outil de gouvernance des territoires littoraux visant un développement durable et local. La méthode, dénommée Gestion Intégrée des Zones Côtières ou ProtoGiZC –Protocole de Madrid, concerne la méditerranée et constitue la première approche de ce genre au niveau mondiale. Elle a pour objectif de « stimuler les initiatives nationales, régionales et locales grâce à une action coordonnée d’impulsion, de coopération et de partenariat avec les divers acteurs intéressés en vue de promouvoir une gouvernance efficiente au service de la gestion intégrée des zones côtières ». Une belle promesse soulignant pourtant de nombreuses limites. Aussi la GIZC a-t-elle, dans les faits, permis peu d’évolutions au niveau du droit du littoral, délaissant trop souvent les perspectives de durabilité au profit des atermoiements économiques. Par ailleurs, le protocole encadre très peu les conditions de mise en œuvre ; ouvrant ainsi la mesure adaptable à chaque état membre. On assiste donc à une continuité dans la construction sur les littoraux et à leur exploitation industrielle. Faut-il rappeler les récents projets d’exploitations de pétroles et de gaz naturel sur les côtes d’Algarve et d’Alentejo ? Or, les conséquences de telles autorisations d’état n’ont, elles, pas de limites frontalières. Hélas, autant un pays peut être responsable, autant il dépend des décisions environnementales de ses voisins…

Mes ambitions…

Pour garantir le caractère exceptionnel de notre environnement littoral, il convient de mettre en place une stratégie pertinente, inspiré du GIZC, mais visant une meilleure coopération entre les états de la région, à savoir la France, le Portugal, l’Espagne et la principauté de Monaco. Les procédures se voudraient plus contraignantes, car exigeant une prise de décisions conjointes. D’autres régions ont réfléchi à de nouveaux systèmes transfrontaliers de protection des littoraux. Le projet Life Flandre (Flemish And North French Dunes Restoration), un excellent exemple, bénéficie de fonds européens pour la préservation d’espèces animales, végétales et des milieux au sein desquels elles évoluent, notamment d’espaces dunaires. Sa gestion met en scène différents partenaires des états français et belges. Une telle coopération devrait être proposée et soutenue pour notre circonscription, et je m’y engage !